samedi 31 mai 2014

OLIVIER TADUC : "L'ASIE ET LE WESTERN SONT DEUX THÈMES QUI ME SONT PROCHES"

Quel est le pitch de "Griffe Blanche" dont le second tome vient de sortir ?

L’histoire de « Griffe Blanche » est l’histoire d’un trio qui a pour thème la Chine médiévale. C’est un monde fantastique où Griffe Blanche est une combattante qui pratique les arts martiaux. Au cours de ses aventures, elle va croiser la route deux garçons, Foudre et Tao. Ils vont l’accompagner dans ses pérégrinations. « Griffe Blanche » est une histoire d’aventure avec des paysages inspirés de la Chine médiévale et avec quelques séquences d’action parce que c’est un genre que j’apprécie beaucoup.

Comme pour « Chinaman », on retrouve Serge Le Tendre au scénario. Est-ce que c’est important pour vous cette fidélité, comme cela a été le cas avec Dieter ?

Serge est quelqu’un que j’ai croisé sur la reprises des « Voyages de Takuan » aux éditions Delcourt il y a de cela une vingtaine d’années. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément en tant que scénariste mais aussi en tant qu’homme. C’est devenu un camarade, un véritable ami. Nous partageons la même vision de la bande-dessinée. Quand nous avons fini, les « Voyages de Takuan », c’est moi qui lui ai proposé de continuer à travailler ensemble sur un projet que j’avais dans mes cartons, « Chinaman ». Nous avons fait presque une dizaine d’albums aux éditions Dupuis. C’est quelqu’un avec qui je suis en osmose. D’ailleurs nous avons coécrit de nombreuses histoires ensemble.

Quelle est votre méthode de travail, que ce soit au scénario avec Serge Le Tendre puis lorsque vous êtes seul avec vos crayons et vos pinceaux ?

Pour poser les premières bases de l’histoire, nous nous retrouvons tous les deux autour de la table et nous commençons à faire un jeu de ping-pong autour des idées. C’est très enthousiasmant. Nous commençons à fantasmer sur l’histoire, à la vivre. C’est assez intense. Lorsque les bases de l’histoire sont posées et qu’il y a un déroulé, Serge rentre dans son bureau pour créer les séquences, imaginer les dialogues, rajouter éventuellement des personnages que nous avions omis de créer. C’est lui qui peaufine et met en ordre l’histoire. Une fois que ce scénario, qui est écrit de façon très classique que ce soit en terme du nombre de cases ou sur la précision des dialogues, je récupère le tout. Nous en reparlons et nous pouvons refaire des aménagements mais toute la partie technique du scénario est réalisée est là. Pour ma partie, je commence à faire des propositions de découpages, de mise en scène. Mais on travaille main dans la main car il a lui aussi son mot à dire. Ça reste un véritable travail de collaboration. 

Vous travaillez en couleurs directes. Combien de temps vous faut-il pour réaliser un album, dessin et couleur compris ?

La couleur directe est assez longue. Je mets 16 mois pour réaliser l’album alors que lorsque je ne faisais que du dessin, je ne mettais qu’un an. C’est un surplus de travail mais c’est un vrai accomplissement pour moi. Cela faisait longtemps que j’avais envie de tâter de la couleur même si la  technique de la couleur directe est assez exigeante et oblige à être très précis au niveau du dessin. Il n’y a pas de possibilité de retouche ou de repentir. On doit garder le papier vierge pour pouvoir poser ensuite la couleur. Je travaille avec de l’aquarelle ou des encres que je pose sur le papier une fois que j’ai encré mon dessin.

Votre œuvre est marquée par la thématique de l’Asie … 

Mes origines vietnamiennes m’ont donné envie de raconter ce qui se passe en Asie. Tout gamin, j’ai vu pas mal de films d’arts martiaux qui ont contribué à enrichir mon univers. Je me suis dit que j’en parlerai plus tard. Je l’ai fait jusqu’à présent de façon régulière mais je ne ferai pas cela tout au long de ma carrière.

Si le cinéma vous a inspiré, quelles sont vos influences côté bande-dessinée ?

C’est Morris qui est mon maître. J’ai appris à dessiner en lisant « Lucky Luke » puis « Rahan » et « Astérix » et tout ce qu’il y avait dans « Pif ». Mais l’une de mes influences les plus marquantes est Giraud avec « Blueberry ». C’est le plaisir que j’ai eu à lire cette série qui m’a conduit à faire « Chinaman » qui est la rencontre de deux thèmes qui me sont proches : l’Asie et le western. 

La comédie du Livre est un salon du livre où on retrouve de la bande-dessinée. Est-ce que selon vous, la bande-dessinée est un art qui a tout à fait sa place dans le livre ?

Je crois que l’on ne démérite pas. Je fais régulièrement des salons du livre et j’ai remarqué que nous, dessinateurs, avons un atout supplémentaire à travers le dessin. C’est un cadeau qui est fait au festivalier qui est happé par ce spectacle. Nous avons tout à fait notre place dans ces salons même si nous ne nous mélangeons pas trop.

La rencontre avec le public est un passage obligatoire pour la promotion de vos titres ou une partie de plaisir ?

C’est une occasion de voir de nombreuses régions de France. Je suis parisien et venir sur Montpellier alors qu’il fait un temps magnifique, est un avant-goût des vacances. C’est également l’occasion de retrouver des collègues que l’on ne voit pas très souvent. C’est aussi l’occasion de venir rencontrer le public du sud que je ne vois pas assez souvent.

Le deuxième tome de Griffe Blanche vient de sortir, quelle est votre actualité ?

Je suis en train de travailler sur le tome 3 qui clôturera le premier cycle. Je vais m’attaquer ensuite à un tome de « XIII Mystery ». C’est pour moi une consécration. Je vais essayer d’être le plus professionnel et le plus concentré possible.


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