mardi 31 mars 2015

SERVITUDE, LA REFERENCE HEROÏC FANTASY

En 2003 Fabrice David et Eric Bourgier ont fait une entrée remarquée dans le 9ème art avec « Live War Heroes », chronique acerbe et futuriste de la téléréalité. Deux ans plus tard, et alors que le scénariste travaille avec l’Espagnol Jaime Caderon sur « Les Voies du Seigneur », le duo revient en force avec « Servitude », une série d’héroïc fantasy.

La série, prévue en 5 tomes, en est aujourd’hui au 4ème, intitulé  « Iccrins ». Chaque tome a mis l’accent sur les forces en présence. Dans le 1er, « Le Chant d’Anoroer », les auteurs nous présentent le Monde des Fils de la Terre et son roi, Galadriel. Kiriel, maître d’arme du Roi et roturier, épouse la fille de celui-ci lors d’un mariage arrangé. Doté par son régent d’un domaine proche de celui d’un Seigneur peu enclin à servir la Couronne, il est chargé d’aller le trouver pour lui demander assistance dans une guerre qui s’est déclarée sur ses propres terres. Trahi, le jeune combattant est emporté dans un tourbillon de haine et de sang qui va le voir affronter les sombres chevaliers Drekkars. La première édition se reconnaît au chant présent en début du tome, imprimé sur un papier style parchemin. Sur la réédition rapidement mise en œuvre, le fond est devenu blanc. L’édition originale comportant des erreurs dans le texte du chant, elle a été peu diffusée car retirée et détruite par l’éditeur. L’édition originale se vend aujourd’hui sur les sites de ventes aux enchères jusqu’à 90 euros.
Le second opus, « Drekkars », est le plus sombre de la série. L’histoire se déroule à Farkass, la Cité souterraine, où les différentes castes se livrent à une terrible guerre de pouvoir. L’autorité de l’Empereur s’estompe peu à peu. Si le Justicar semble lui accorder encore du crédit, Sekal, l’Herodon, est prêt à tout pour créer sa propre passe et vivre en paix avec les siens.
Le troisième tome intitulé « L’Adieu aux Rois » voit le premier affrontement ouvert entre les belligérants. Comme le titre le laisse supposer, Galadriel va tomber dans une embuscade et un nouveau seigneur va se révéler.
Enfin dans « Iccrins », Kiriel, gravement blessé et pris au piège dans la cité marchande et Fl’ar, la mystérieuse générale de Péloris, finissent par trouver une bien étrange échappatoire grâce à l’arrivée d’un providentiel navire iccrin.

Pourquoi cette série est plébiscitée comme l’une des meilleures du genre ? Certainement parce que le scénario complexe de David n’a rien à envier à « Game of Thrones ». Les deux univers sont d’ailleurs assez proches : l’histoire se déroule à l’époque médiévale, dans un monde imaginaire où les dragons ne sont pas qu’un mythe, et où les intrigues de palais se disputent la part belle avec une geste épique aux enjeux incertains. Le dessin n’est pas sans reste. D’une précision chirurgicale, porté par de superbes couleurs en demi-teintes entièrement réalisées à la main (voir le travail de la planche encrée puis mise en couleurs), le graphisme est doublé d’une mise en page où la technique n’a d’égale que le spectaculaire. Pour l’anecdote, Stéphane Créty, dessinateur du « Sang des Dragons » et de « Masqué » a créé un topic sur la série sur le forum du site spécialisé « bedetheque » alors que celle-ci n’était qu’à l’état de preview chez l’éditeur Soleil. Enfin, les auteurs semblent prendre plaisir dans leur travail. Le travail réalisé en fin d’album avec le développement de l’univers via un lexique ou le plan des batailles est une gageure de leur dévouement à cette série.




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