samedi 30 août 2014

DECRYPTAGE : LE SCORPION

 
Cette planche est extraite du deuxième tome de la série « Le Scorpion », scénarisée par Desberg et mise en image par l’Italien Enrico Marini.
Elle est la septième de l’album. Les cinq premières sont un flashback sur les toutes premières années de la vie du Scorpion. A la fin du tome 1, Méjaï a tenté d’empoisonner le Scorpion. C’est le Hussard qui contraint l’empoisonneuse du lui donner un antidote. Le Scorpion, qui vient de dormir 3 jours et 3 nuits, et le Hussard vont interroger la belle qui a été payée par Rochnan pour occire le Scorpion.

La première case, toute en longueur, présente la ferme du Hussard. Contrairement aux pages précédentes, l’action n’est pas au cœur du récit. Habituellement traqué, le Scorpion semble enfin profiter d’une retraite. Les tons dominants sont le jaune et le vert. En jouant sur les ombres portés de la charrette et des arbres, Marini permet de situer le moment de la scène au matin. D’ailleurs le soleil semble se lever.



Dans la deuxième case, Méjaï de trois quart de dos, permet de faciliter la lecture. Ses mains sont attachées mais le Scorpion, n’a pas pris la peine de lui ôter ses flasques emplies de poison. Peut-être est-il naïf ? Peut-être a-t-il compris qu’elle son alter ego ? Le Hussard semble plus préoccupé par son plat (un poulet au petit-déjeuner ?) que par l’Egyptienne. Le vert de la jupe de Méjaï et de la veste du Hussard permet de centrer l’action sur le Scorpion.

 Dans la case suivante, le Scorpion est au centre des attentions puisqu’il y a un plan serré sur son visage. Affamé, il est en train de déchiqueter une cuisse de poulet. La quatrième case fait écho à la précédente puisque cette fois-ci, Marini se focalise sur MéjaÏ. Cette dernière à l’air grave et fait face au Scorpion. Cette case clôt la bande puisque l’on est parti de MéjaÏ et l’on finit par MéjaÏ qui regarde en diagonale pour indiquer au lecteur que la suite se passe en bas.

La deuxième partie de la planche repose sur un parallélisme de la première. Dans un autre espace, les rues de Rome (dans les bulles, le texte informe le lecteur que les personnages sont au Vatican), les « méchants » sont en train d’échafauder leur plan. Trebaldi est dans un carrosse. A ses côtés, sur un cheval, le capitaine Rochnan assure sa garde..

La 6ème case est un miroir de la 3ème. Trebaldi et Rochnan sont en train de discuter. Le pourpre et l’or du carrosse et de Trebaldi amplifie la noirceur de la tenue de Rochnan. Son âme, cachée derrière un masque, semble aussi noire que son armure.

La case suivante confirme cette impression avec de nouveau un gros plan. Rochnan, l’ennemi juré du Scorpion, prend sa place dans ce bandeau. Sous le masque doré et la capuche noire, seuls ses yeux sont illuminés.

Enfin, la dernière case a pour sujet central Trebaldi. Le futur pape tourne le dos à Rochnan. Son regard biais montre toute la fourberie de ce personnage. Au lieu de ponctuer la planche, son profil est ouvert vers la droite. Il indique que l’avenir est devant lieu et nous invite à lire la suite.

Au final, cette planche est une magnifique planche de transition. Tous les principaux personnages sont présents. Il n’y a pas d’action mais les cadrages et les plans instaurent une certaine tension. Marini a un palette de couleurs ouverte.  Il est regrettable que les bulles et l’impression ne restituent pas totalement le travail du maestro italien.


 A noter que l'encadrement et la marquise noirs rappellent la tenue de Rochan et la couleur des cheveux du Scorpion et de Méjaï. Ils mettent surtout en valeur le rouge de Trebaldi.

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